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56ème Rallye d'Automne

« Un tout nouveau tracé et une innovation »

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Mercredi 02 Novembre 2011

« Un tout nouveau tracé et une innovation »
 
« Un tout nouveau tracé et une innovation »

Alors que le départ de la 56ème édition du Rallye d'Automne approche à grands pas (du 18 au 20 novembre), Sport 17 s'est intéressé à cette épreuve mythique qui connaitra quelques changements cette année. Pour nous en parler qui de mieux que Patrick Guérin, historien de la SAO (Sport Auto Océan), société organisatrice du rallye. Interview.

Cette année, le rallye d'Automne connait quelques changements, peux-tu nous en dire un peu plus ?
La formule « midi-minuit » est spécifique à l’Automne et a déjà tellement fait ses preuves qu’il n’était et n’est surtout pas question pour nous de la modifier. En revanche, soucieux de rompre ce qui aurait pu devenir à moyen terme de la monotonie, le Sport Automobile Océan a voulu proposer aux concurrents un tout nouveau tracé… et une innovation. En redessinant les ES (Epreuves Spéciales , NDLR) on provoque à la fois la perte des repères déjà établis et mémorisés, et on attise la curiosité de tous les équipages en leur faisant emprunter de nouveaux tronçons. Qu’ils soient de la région ou qu’ils viennent de loin, tous seront contraints de « tout reprendre à zéro ». Les copilotes vont avoir du travail. En chiffres : 11 ES contre 14 les années précédentes, le parcours relooké et très légèrement lifté comprendra 155,7 km chronométrés contre 174,3 km pour les modernes, et 119,9 km (en 8 ES) contre 123,4 km (et 10 ES) pour les VHC et Classic.

Outre les nouveaux kilomètres à découvrir, les 220 équipages qui seront au départ passeront le vendredi soir (ES 2) par Périgny pour y disputer un « sprint » de 2 km à travers la ZI !... Des angles droits (protégés) des rond-points, des chicanes… un pari audacieux mais assurément spectaculaire qui ravira le public de la CDA et d’ailleurs, car très proche, à une heure « familiale » (20h56 – 23h00) et facile à suivre depuis des aires spécialement aménagées pour les spectateurs !

Ce sera déjà la 56ème édition de l'Automne et pourtant l'engouement ne faiblit pas. Comment l'expliques-tu ?
Sans être le plus beau ni le plus grand rallye du monde - nous savons d’où nous venons et qui nous sommes - celui-ci fait malgré tout partie depuis des décennies des épreuves références, de celles qu’il faut avoir courues, voire remportées pour certains. Nous devons ce statut de rallye légendaire, tout d’abord à ceux qui nous ont précédés dans son organisation (rigueur, formule, rythme, convivialité, fête du sport auto). Ensuite, de niveau national, l’épreuve rochelaise est un « terrain de jeu » qui peut rapporter beaucoup de points au classement de la Coupe de France (coeff 5). Ensuite de grands pilotes y ont inscrit leur nom ; enfin, l’Automne est idéalement placé dans le calendrier fédéral. Calé à la mi-novembre et après la finale nationale (ce qui explique qu’il compte pour la Coupe de France de l’année suivante), il constitue le point d’orgue, « la récompense » de toute une année pour bon nombre d’équipages qui achèvent là une saison de rallyes pleine… Ce rallye est pour beaucoup une « cerise sur le gâteau » ! Et il y a aussi ceux qui ne prennent une licence QUE pour s’aligner sur l’Automne ; c’est ça la renommée, la notoriété d’une épreuve !... Et puis bien entendu, il y règne cette ambiance à la fois si festive et chaleureuse, dont fait partie le « pot-au-feu » géant à Surgères… L’équipe actuelle est fière de porter ce projet chaque année et de faire perdurer cette « légende en marche »…

La raison du succès réside-t-elle dans le fait que le sport automobile et le rallye en particulier sont très prisés dans la région ?
Non, pas particulièrement… Bien sûr le Comité tient toute sa place sur l’échiquier national et le SAO en est l’une de ses deux plus importantes ASA (avec 280 licenciés). Mais dire que l’engouement pour le sport auto est ici plus fort qu’ailleurs, non pas vraiment. Nous ne devons pas perdre de vue que beaucoup de nos rallyes régionaux rassemblent moins de 100 autos, les plafonds sont rarement atteints. Or, pour notre édition 2011 du « Rallye des feuilles mortes », alors qu’il reste aux candidats encore plus d’une semaine pour s’engager (jusqu’au lundi 7 novembre inclus), nous en sommes déjà à la liste d’attente ! En tenant compte de la Finale de Coupe de France des Rallyes VHC qui est couplée à l’Automne, il nous aurait fallu être en capacité d’accueillir 250 équipages pour accepter tout le monde ! Notre maximum admissible est de 220. Voilà la preuve s’il en est que ce rendez-vous de fin de saison a vraiment un statut à part…

Chaque année, nombreuses sont les communes à solliciter le passage du rallye. Comment la sélection se réalise-t-elle ?
Conscientes de l’engouement, de l’importance de l’épreuve et de l’animation qu’elle crée dans une ville ou un village, nombreuses sont les communes qui « attendent » le rallye avec impatience ou qui se manifestent pour « prêter » au rallye leur réseau routier. Certes, il y en quelques unes (comme il y en a toujours eu) pour lesquels nos « vroum vroum » d’une demi-journée ne sont pas les bienvenus…, mais nous faisons plus de déçus en ne venant pas, que de grincheux pour y être passés… L’autre aspect qu’il convient de souligner est qu’un rallye comme celui-ci doit, pour tenir dans le tempo « midi-minuit » mais aussi répondre à une architecture très serrée : peu de km de liaisons, des ES assez proches les unes des autres, disposer d’un point central (Surgères aujourd’hui, après Bords et Aigrefeuille hier) pour y faire le Regroupement et l’Assistance, les deux moments de « respiration » indispensables à toute épreuve. Ceci se traduit par des choix, des contraintes, mais aussi des renoncements à aller ici ou là…

Avec les nuisances sonores et les problèmes d'environnement, n'avez-vous jamais eu de problèmes avec des associations ou autres organismes ?
Il serait malhonnête de dire que personne ne cherche à s’opposer aux rallyes (à celui-là comme à d’autres) et à tous types de courses autos d’une façon générale. Nous devons donc parfois, mais très peu finalement, faire face à quelques opposants, généralement isolés. On discute, on leur rappelle qu’il s’agit d’une discipline sportive à part entière, et face à eux comme on le fait devant les autorités, nous apportons des réponses précises, éclairées et rigoureuses en matière de nuisances et de sécurité. La légitimité de ce type de compétition passe par là. Ainsi, les « échappements libres » sont prohibés (une règlementation existe et est rigoureusement appliquée) et l’organisateur doit avant tout avoir le souci de la sécurité des équipages mais aussi des spectateurs, des riverains et d’une manière générale des populations traversées. C’est là l’occasion de préciser que le SAO travaille avec la FFSA sur le sujet, se faisant même force de proposition pour améliorer sans cesse les dispositions déjà en vigueur. Le club exporte même son savoir-faire sur de nombreux rallyes, à l’image de sa toute dernière contribution au récent Rallye de France en Alsace (manche française du Championnat du Monde WRC).

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Antoine ROBERT
 
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